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Moto LIBERTÉ
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Article mis en ligne le 10 mars 2019

par Secrétariat Association Liberté

Ma rencontre avec la moto

Vroum…. Ce bruit qui me fait vibrer depuis mon adolescence…. Chaque été dans mon village, il y avait une concentration de Harley qui passait… Vivement l’été prochain…je m’arrêtais pour les regarder…

Et puis un jour j’entends un bruit dans le tunnel, ho jolie moto ! et le mystère du casque…. Le motard qui traversait le tunnel n’était rien d’autre que le fils de la voisine... qui avant qu’il ait une moto n’avait jamais attiré mon attention… De là à dire que c’est cette magie du casque qui a fait de lui mon mari, il n’y a qu’un pas...

  • Tu m’emmènes sur ta moto ? Mais on ne s’improvise pas passager ainsi. Très prudent, nous faisons d’abord quelques tours dans le village afin de me familiariser avec la machine avant d’entreprendre une balade.
  • Tu me suis ? Heu…. Que veut-il dire ? Je suis derrière lui, je ne peux que suivre non ? Hé bien non, dans un long droit, prise de panique, je me suis redressée et nous avons vu la façade de près. Gloups… j’ai compris maintenant comment on suit…
    C’était exaltant d’être passager, mais je voudrais conduire… Une fille sur une moto ? Pourquoi pas mais enfin bon, y en a peu….là j’ai compris, j’ai compris que ce ne serait pas facile de convaincre que moi aussi , la moto, je veux la conduire.

Je suis très patiente, alors j’ai attendu, attendu qu’on s’installe dans la vie et que les aléas nous permettent à nouveau d’avoir une moto. En fait, toutes ces années, j’ai poussé chéri à reprendre une moto, c’est moi qui étais en manque d’adrénaline. Cette sensation de fendre l’air, ce bruit, cette sensation d’invincibilité, de liberté, comme si le temps s’arrêtait une fois que le moteur se mettait à rugir, oui ça me manque.

On visite des concessionaires, on regarde comment concrétiser notre projet avec un frein … On doit se contenter d’une 125cc… Et on opte pour une Aprilia rs qui sera préparée afin de tourner sur le circuit de Francorchamps. Elle est belle, elle me parle, j’observe comment il fait, je pose des questions sur les vitesses, le freinage et un jour en rentrant du boulot ça y est je me lance…. Et je pose la question qui me brûle les lèvres depuis des mois :

  • je peux essayer ?
  • essayer quoi ?
  • je peux rouler avec la moto ? La première est en bas et le point mort et puis 5 vitesses c’est ça ?
  • oui c’est ça, l’embrayage, le frein, vas-y monte ! Je vais te montrer
    Yessssssss. Une belle côte devant la maison, de quoi apprendre à démarrer et freiner, il fait de son mieux, c’est tellement logique pour lui et moi je lui pose plein de questions et là, il me dit exactement ce que j’attends : - allez tu vas jusqu’au-dessus et tu reviens.

Je vois qu’il a un air inquiet et moi, je souris tellement que j’ai l’impression que mon visage va se fendre en deux, je m’applique, je réfléchis à tout… Embrayage, frein, première, deuxième, se pencher, poser le pied quand je m’arrête… Allez go…..je mets les gaz sans lâcher l’embrayage, le moteur hurle et chéri qui me crie d’aller doucement avec les gaz, je lâche l’embrayage en douceur et je sens la moto qui avance.

Oh oh, ça y est, j’avance, allez, encore un peu de gaz, j’embraye et clac, la deuxième, troisième, …oh zut, je dois déjà faire demi-tour, je n’ai pas envie de rentrer, c’est trop grisant…. En repassant devant la maison, je vois chéri qui m’attends :

  • Alors ? Ça va ?
  • oh ouiiiiii, je peux encore faire un petit tour ?
  • oui, fais attention aux carrefours, tourne bien la tête pour regarder, attention à ton angle mort
    Qu’est-ce qu’il me raconte ? Je roule en voiture, je sais à quoi je dois regarder et voilà, je démarre…

Mon premier été en tant que pilote

J’arrive en bas de la rue, je regarde à gauche, à droite, je fais gueuler la moto… ok concentration… Ça y est je suis repartie. Au village voisin, ma conscience me dit : - va à droite et rentre, mais mon envie me pousse vers la gauche, et le village d’après… Je sens en moi monter cette sensation de liberté, je n’ai pas envie de rentrer, ça y est, je conduis la moto, les motards que je croise me font un signe de la main, celui qui dit : bienvenue dans le monde des motards, sois prudent…. Je tends mes 2 doigts [toujours dans l’imitation de chéri] et ce salut me grise, village suivant, je continue...et puis, aller, il faut rentrer. Je reprends le chemin de la maison. Je cafouille dans la petite ville que je traverse, j’ai peur qu’un piéton ne traverse…. Et s’il traverse, est-ce que je vais pouvoir m’arrêter ? L’adrénaline redescend et la raison reprend sa place. Je rentre saine et sauve, sans anicroches et chéri stressé qui m’attends devant la maison :
-* mais qu’est que t’a foutu ? il y a plus d’une heure que tu es partie, je pensais que tu avais eu un accident….

Le temps s’était arrêté, je n’avais pas remarqué que j’étais partie autant de temps, j’étais ailleurs, j’étais sur la moto, et rien d’autre n’existait.

  • Heu, je n’avais pas envie de rentrer…. C’était trop bien, j’ai salué les motards et je n’ai pas écrasé de piétons et je n’ai pas oublié mes clignotants…
    J’étais super excitée….
  • Demain, prends la moto pour aller au cours du soir…..
    Waouw ! Chéri me reconnais en tant que motard, il me laisse la moto. Au fond, ce n’était pas bien compliqué de le demander. Une idée me traverse l’esprit…. Et si on roulait tous les deux ? Oui, la voilà la solution, on va rouler à deux, j’ai goûté à la moto, je veux continuer. Pendant quelques semaines, on se prête la moto à tour de rôle, on part ensemble, mais rouler me démange. Et puis je réfléchis, la 125, elle est chouette, bien préparée, mais ça fait tellement longtemps qu’il roule sur circuit, il pourrait le passer son permis non ? Ainsi il aura une plus grosse cylindrée, moi je garde la 125 et le tour est joué.
    J’expose mon projet, je le pousse à passer son permis, il le réussit….et on achète une kawa zzr 1000…

Plus rien à voir les balades en tant que passager, un jour derrière lui, un jour comme conductrice, je suis aux anges….quel été magnifique… On fait des rencontres…on roule, et si moi aussi ? Non…les enfants sont encore petit, je ne peux pas faire l’égoïste, quoique… Je pourrais le passer aussi mon permis non ?...les balades s’enchainent, ma première chute à l’arrêt…. Il en faut une hein…et puis des problèmes de dos anéantissent momentanément mon projet, adieu l’Aprilia et les balades sur la ZZR… Je range mon casque, un jour je remonterais sur une moto, mais pour l’instant, je dois me soigner

Retour en balade

Deux années ont passé, la zzr ne m’offre plus le confort nécessaire à mon état de santé, une fois de plus, mon envie de rouler est la plus forte, et je parviens à convaincre chéri de changer de modèle de moto, de façon à ce que moi aussi, je puisse profiter de la route. Pas facile de respecter le budget, et de trouver un modèle qui convienne à mes problèmes, et puis je ne suis pas très grande, il faut que j’arrive à monter sur la moto…et ça, ça va me jouer des tours très souvent.

On refait le tour des concessionnaires, on trouve un modèle, qui ne me plaît pas vraiment, mais au moins, je serais à l’aise, comme dans un fauteuil… Un fauteuil ! Je veux faire de la moto !, pas me balader en fauteuil !

Chéri teste, après tout, c’est lui qui conduit, et je ne suis que passagère… Si la moto lui convient, j’en ferai mon bonheur… Ou pas… Une Triumph Trophy 1200cc… Rien à voir avec toutes les motos qu’on a eues jusqu’ici. Je sens que c’est un sacrifice de la part de chéri, mais sur le moment, c’est à mon bien-être qu’il pense, et l’envie que je sois avec lui dans les balades, fini par nous convaincre.

Mais il y a un hic ! Chéri n’est pas grand non plus, on fait rabaisser la moto, de cette façon, il tient mieux la moto quand je monte derrière. Je n’ai pas encore récupéré toute ma souplesse, et puis je garde une légère séquelle de mobilité, mais au moins, je peux monter…
Grosse cylindrée de route, nouveaux amis… Mais difficile de s’amuser dans les tournants quand la moto touche au moindre virage. Crouic le carénage sur la route…. Ça nous énerve… Cette moto n’est vraiment pas faite pour nous.

Haaaa les portes-ouvertes et roadbook, on visite les concessionnaires, on rêve devant les machines… Et comme toujours, je marche au coup de cœur. Alors qu’on allait chercher un nouvel équipement je craque littéralement sur une suzuki V strom. C’est ça que j’aime comme modèle !! Et toi t’en pense quoi ?

  • Ouais, pas mal… Mais bon je ne sais pas.
  • Elle te plaît ou pas ?
  • Oui, elle est pas mal…ça fait pas deux ans qu’on a l’autre !
  • Et alors ? Ça te dit de changer ?
    Adieu Triumph, Suzuki, nous voici… Et je ne savais pas qu’en achetant cette moto, ça allait changer ma vie…
    Je me sens bien dessus, j’ai retrouvé le plaisir de faire de la moto, on part en balade sans arrêt.

Chéri se sent bien dessus, ça devient même son véhicule principal… Où c’est parce que notre fille aînée s’est accaparé la voiture ?... Bref, il n’y a pas un jour où la moto ne sort pas, même l’hiver, sauf les jours de neige… Il devient logique pour moi que la moto fait partie intégrale de ma vie, mais il me manque quelque chose….

  • Tu sais, je voudrais à nouveau conduire
  • Oui je sais, mais tu n’as même pas les pieds au sol, qu’est-ce que tu veux conduire ?
  • Oui, et pour l’instant, pas possible d’acheter une deuxième moto….

Alors je suis passagère, on fait de super balade, nos amis ont acheté un spyder canam, ces véhicules à 3 roues, entre le quad et le side-car de compétition…. Belle alternative pour les personnes non titulaires du permis A, puisque seul le B suffit… Oui mais c’est pas la même chose… Les balades s’enchainent et mon amie acquiert elle aussi un spyder…

  • Oh ce serait chouette si toi aussi t’en avait un ! Partir tous les quatre en balade…

Oui mais voilà, je veux rouler à moto, pas sur un spyder… j’essaie en tant que passagère, mais je n’y adhère pas… Et je me sens frustrée d’être passagère, et chéri le ressent…un matin de janvier au petit-déjeuner, il me lance :
-* Tu veux un spyder ? Comme ça tu pourras rouler…
Je ne m’y attendais pas, je ne me doutais pas qu’il ressentait ma frustration à ce point

  • Ho oui…
    Mais après une nuit de réflexion
  • C’est gentil de me proposer un spyder, mais moi je veux rouler à moto, tu n’es pas choqué si je décline ta proposition ?
  • Hé bien ! Passe ton permis alors !
  • Tu me mets au défi ?
  • C’est ce que tu veux non ?
  • Oui….

Le permis

La décision, ou plutôt le challenge est lancé…je me donne un mois pour revoir le code de la route. Et puis le théorique moto diffère un peu…. Pauvre chéri, je lui pose plein de questions… La conduite préventive ? C’est quoi ça ? Et comment se placer sur la voie publique…. Heu… Quand j’ai pris l’Aprilia, je ne me suis pas souciée de tout ça… Je devais être un vrai danger public… Amis motards, attention, j’étudie le code…et j’ai plein de questions auxquelles personne n’arrive à répondre… Nous, on démarre et on roule, on n’a pas passé notre permis … Ouais…. Ils n’ont pas passé leur permis, eux !

Comme les jeunes qui apprennent à conduire, je regarde les situations réelles que l’on explique dans le livre, quand je prends la route en voiture, j’essaie de repérer les infractions, de les corriger dans mon esprit et….bon ben ça sert à rien de penser, il faut agir…. Je regarde sur internet, permis de conduire théorique filière libre, sans rendez-vous le mercredi et le vendredi….

En rentrant du boulot, je prends 15€ et je m’arrête au centre d’examen….

  • Bonjour, carte d’identité valide, pas de gsm,15€ s’il vous plaît, entrez et asseyez-vous !
    En même temps le guichetier il n’est pas là pour être sympathique… Allez concentre-toi…
    Les questions défilent, je réponds, je stresse pour les distances de freinages, les pneus, tout ce qui est technique est resté assez incompréhensible, mais est-ce que je devais vraiment tou comprendre où être simplement logique….

BRAVO VOUS AVEZ REUSSI !

Quoi ! j’ai réussi ? hiiiiiiiiiiiii…. J’ai envie de crier de joie, j’ai un sourire immense sur les lèvres et le guichetier toujours impassible…. J’ai réussi... Il me donne tout un tas de papier, il m’explique plein de choses, mais je ne comprends rien, mon esprit est ailleurs, j’ai réussi…
Je n’avais rien dit à chéri, je ne peux pas lui téléphoner, je veux lui faire la surprise, alors j’appelle mon amie : j’ai réussiiiiiiiiiiii….

Chéri est dans le fauteuil, il regarde la télé, je lui tends mon attestation de réussite

  • Ha ! hé ben ! il faut aller acheter une moto maintenant….
    Acheter une moto, ma moto….le plus dur reste à faire….
Conny


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